06 mars 2006
L'art du Bonsaï
L'art du bonsaï (littéralement "plantation dans un plat") consiste à mettre en oeuvre une technique de culture en pot d'arbres ou d'arbustes miniatures.
Le mot bonsaï désigne aussi les créations végétales obtenues par la pratique de cet art qui mêle esthétisme et philosophie dans un culte de la nature.
L'art du bonsaï s'inspire du fait que dans la nature certains arbres ne grandissent que très peu, ne trouvant pas suffisamment de substances nutritives dans le sol.
Ainsi, placées dans une terre peu profonde, les plantes poussent lentement et leur croissance est encore ralentie par la taille et la ligature de leurs branches et de leurs racines, de même que par leur transplantation répétées.
Le bonsaï fut introduit au Japon par des moines bouddhistes zen pendant l'ère Kamakura (1185-1333). Puis, au fil des siècles, de nombreuses écoles apparurent et développèrent différents styles de bonsaï: droit, penché, en cascade, en chute d'eau, etc...
Aujoud'hui on trouve des bonsaï dans le monde entier. Ils servent généralement de plantes d'ornement exotiques...
Musique Traditionnelle
Avant la période historique, la musique traditionnelle japonaise (hôgaku) s'est développée comme accompagnement des danses rituelles (kagura) liées aux pratiques religieuses des premiers habitants du Japon.
Cette musique était aussi bien chantée qu'instrumentale. Les instruments d'alors étaient très rudimentaires et se répartissaient entre les instruments de percussion (tambours), à vent (flûtes) et à cordes pincées (cithares).
A partir du 5e siècle, le Japon s'ouvrant aux influences culturelles du continent asiatique, des musiciens venus de Corée et de Chine firent découvrir diverses formes musicales aux nobles de la cour impériale.
L'introduction du bouddhisme dans l'archipel japonais favorisa l'essor d'une musique religieuse. En effet, celle-ci (récitations de sûtras avec accompagnement d'instruments simples) possédant une notation, permit le développement de la composition musicale dans les temples et à la cour de l'empereur.
Bientôt naquit une musique de cour originale: gagaku, ainsi que diverses musiques populaires: sarugaku.
Pendant la période médiévale (12e - 16e siècle), la classe dominante des samouraï délaissa la musique de cour. Elle lui préféra des musiques populaires comme le dengaku: une musique paysanne qui accompagnait certains rituels shintô, notamment ceux qui visaient à obtenir les faveurs des kami (divinités du shintô) pour une bonne récolte.
Pendant l'ère Edo (1603 - 1868), la musique populaire japonaise continua à se développer et prit un caractère national affirmé
grâce à l'arrivée de nouveaux instruments importés de Chine: le shamisen (sorte de luth) et la flûte shakuhachi, et au développement de la musique de scène (nôgaku).
A partir de l'ère Meiji (1868 - 1912), le Japon s'ouvrit aux influences musicales de l'Occident. L'intérêt des Japonais pour leur musique traditionnelle déclina sensiblement au profit des différents genres musicaux occidentaux.
De nos jours un regain d'intérêt pour la musique traditionnelle japonaise se manifeste dans tout le Japon.
Les Japonais d'aujourd'hui, soucieux de réaffirmer une identité proprement japonaise, s'adonne de nouveau à la musique de leurs ancêtres. Ce mouvement se concrétise depuis les années 80 par l'ouverture de sections universitaires d'étude de la musique traditionnelle japonaise.
L'Ikebana
L'Ikebana est l'arrangement floral japonais.
En fait tout végétal, vivant ou séché, convient à la pratique de cette art.
L'ikebana dérive d'une pratique bouddhique d'offrande de fleurs au Bouddha et aux morts, importée d'Inde au Japon, via la Chine, au 6e siècle.
Ce n'est qu'au 15e siècle que la présentation rituelle de fleurs aux divinités bouddhiques fut formalisée sous le nom de Rikka par des moines bouddhistes (école d'Ikenobô Senkei).
Le style Rikka, considéré aujourd'hui comme classique, consistait à élaborer une représentation de l'univers en confectionnant un paysage miniature à l'aide de sept tiges selon un arrangement triangulaire (le Ciel, la Terre et l'Homme). Ce style se caractérise par l'asymétrie, le symbolisme et la profondeur spatiale.
Par la suite de nombreuses écoles d'arrangement floral se développèrent. Chacune d'elles explorant une variante du style Rikka original...
Au 16e siècle, l'art d'arranger des fleurs fut intégré, sous le nom de chabana, à la cérémonie du thé. De nombreux maîtres de thé codifièrent alors les différentes manières de présenter des fleurs et des branchages dans un vase ou sur un plat suivant la "règle du triangle": l'ikebana était né.
Pendant l'ère Edo (1603-1868), l'Ikebana, jusque là pratiqué seulement par les moines bouddhistes et les courtisans de la cour impériale,
se popularisa auprès des samouraï, des riches marchands et aussi des femmes.
L'ouverture du Japon aux influences occidentales à partir de l'ère Meiji (1868-1912) stimula la création de nouveaux styles d'Ikebana.
Le style Moribana notamment, inventé par Ohara Unshin, permit l'utilisation d'une plus grande diversité de matériaux et la création d'un style paysager aux allures plus naturelles que symboliques, grâce à l'introduction de vases aux formes variées.
En 1927, en fondant l'école Sôgetsu, Teshigahara Sôfû initia l'art floral moderne qui encourage l'expression libre et la créativité.
L'Ikebana n'est plus seulement une évocation dépouillée et poétique de la magnificence de la nature
mais aussi une création esthétique et décorative.
Aujourd'hui il existe au Japon environ 3000 écoles d'Ikebana rassemblant plus de 20 millions d'adeptes, principalement des jeunes femmes.
L'art floral japonais est aussi enseigné hors du Japon, notamment aux Etats-Unis, par les maîtres de trois écoles réputées: Ikenobô, Ohara, deux écoles promouvant le style classique, et Sôgetsu, pratiquant un style moderne.
_______________________________
"Sakura sakura" est un chanson populaire japonaise. Elle traduit l'humeur du Pays du Soleil Levant lorsque les fleurs de cerisiers s'épanouissent aux premières heures du printemps.
Sakura sakura
Yayoi no sora wa
Mi watasu kagiri
Kasumi ka kumo ka
Nioi zo izuru
Izaya izaya
mi ni yukan
"Sakura sakura"
Traduction sommaire:
Fleurs de cerisiers, fleurs de cerisiers,
Lorsque je regarde le ciel printanier,
Je vois de la brume ou des nuages.
Mais déjà leur parfum est dans l'air
Allons-y! Allons-y maintenant!
Admirer les cerisiers en fleurs.
l'art de l'estampe japonaise
L'ukiyo-e est l'art japonais de l'estampe. Il fut développé pendant l'ère Edo (1603-1868) bien que l'impression sur bois soit connue au Japon depuis le 8e siècle. Pendant longtemps cet art, importé de Chine, fut réservé à la production d'images religieuses.
Lorsque le shôgun Tokugawa Yeyasu unifia le pays au tout début du 17e siècle, une longue période de stabilité politique et sociale s'ouvrit. Les marchands des cités de Kyôto et d'Edo devinrent rapidement riches et prirent en mains l'essor culturel du Japon. C'est alors que des quartiers de divertissements se constituèrent à Kyôto, Edo et Osaka. Dans ces quartiers commencèrent à circuler des livres illustrés, narrant la vie tumultueuse de ce "monde éphémère de plaisirs" (ukiyo).
Notamment des manuels pornographiques appelés empon, présentant des images érotiques (Shunga), étaient édités en grand nombre.
Puis émergèrent les premières gravures glorifiant l'atmosphère joyeuse de ces quartiers "chauds".
C'est au début du 18e siècle, quand apparurent, d'abord à Kyôto et Osaka puis à Edo, les premières reproductions sur bois, que naquit véritablement l'art de l'estampe: ukiyo-e.
L'ukiyo-e connut une période brillante à la fin du 18e siècle avec l'émergence de nouveaux styles sous l'impulsion des grands maîtres du genre. Malheureusement cet art traditionnel declina durant l'ère Meiji (1868-1912) au profit d'un art pictural d'inspiration occidentale.
L'ukiyo-e s'élabore en trois étapes. Tout d'abord, le peintre crée un dessin sur une feuille de papier de riz. Puis, ce dessin est collé à l'envers sur un bloc de bois (généralement du cerisier) légérement convexe. Le bloc de bois est ensuite gravé suivant les traits du dessin collé. La planche de bois ainsi gravée est enduite d'encre, ce qui permet alors d'imprimer le dessin original sur du papier. C'est ce papier imprimé qui constitue l'estampe proprement dite.
Pour réaliser des estampes en couleurs, plusieurs planches sont gravées, colorées à l'encre et appliquées l'une après l'autre sur du papier...
Utamaro: "Dojôji".
Hokusai: "Au creux de la vague, au large de la côte, à Kanagawa" ou "La vague".
Les estampes japonaises représentent généralement des acteurs en vogue à l'époque d'Edo, des femmes d'une grande beauté et des courtisanes célèbres. Il existe aussi des estampes érotiques (Makurae) et des oeuvres dépeignant avec réalisme les moeurs, les petites gens et les paysages de l'époque d'Edo.
Kitagawa Utamaro (1753-1808: portraits de jolies femmes), Tôshûsai Sharaku (17??-1795: portraits d'acteurs), Ando Hiroshige (1797-1858: "53 étapes du Tôkaidô") et Katsushika Hokusai (1760-1849: "trente six vues du Mont Fuji") sont les artistes les plus célèbres de cet art pictural.
L'ukiyo-e est à l'origine du japonisme, un courant artistique né au cours de la seconde moitié du 19e siècle et qui influença de nombreux peintres, comme Claude Monet et Vincent Van Gogh, et des écrivains comme Emile Zola.
la céremonie du thé
La cérémonie du thé (chadô ou sadô) est un rituel consistant à préparer et à servir le thé vert à des hôtes.
Durant une cérémonie, qui peut durer plusieurs heures, le maître (la maîtresse) de cérémonie se doit d'engager tout son être à créer une atmosphère propice à l'enchantement esthétique, à l'éveil physique et intellectuel, et au calme spirituel de ses hôtes. La "voie du thé" est donc une ascèse spirituelle dans la plus pure tradition du bouddhisme zen.
Le thé vert fut importé de Chine à la fin du 12e siècle. Il était alors bu en infusion par l'élite aristocratique comme médicament et par les moines bouddhistes comme stimulant contre l'endormissement pendant la méditation.
Puis, petit à petit, la dégustation du thé se répandit plus largement dans la population qui découvrit l'usage de cette boisson dans les maisons de thé des monastères bouddhistes.
C'est au 15e siècle que boire du thé devint non plus seulement un rituel mais aussi un art sous l'impulsion du shôgun Ashikaga Yoshimasa et de son attaché, le peintre Nôami, qui développèrent la dimension esthétique de la cérémonie du thé. Par la suite, sous l'influence du bouddhisme zen,
des maîtres de thé (le célèbre Sen no Rikyû notamment) introduirent des règles rigoureuses au chadô qui acquit ainsi sa dimension spirituelle;
la cérémonie du thé se transforma en une discipline spirituelle selon le concept zen du wabi ("désolation" en Japonais): recherche de la sérénité spirituelle suivant une extrême simplicité.
Pendant l'ère Edo (1603-1868), les bourgeois de la cour shôgunale apportèrent de nouveaux raffinements à la cérémonie du thé, aussi appelée cha no yû...
Cependant, pendant l'ère Meiji (1868-1912), le Japon s'ouvrant aux influences occidentales, l'art du thé fut délaissé par les élites nationales pour n'être plus pratiqué que par des femmes.
Sa pratique fut remise au goût du jour après-guerre et aujourd'hui des millions d'adeptes s'y adonnent dans le monde entier suivant l'enseignement de diverses écoles, dont les écoles Ura Sen Ke et Omote Sen Ke fondées par deux descendants de Sen no Rikyû.
la calligraphie Japonaise
L'art de la calligraphie fut introduit au Japon en même temps que les idéogrammes chinois au 6e siècle. Il fut d'abord pratiqué par les moines bouddhistes qui étudiaient les écritures bouddhiques rédigées en Chinois.
Et rapidement, des experts japonais en cet art émergèrent comme le célèbre calligraphe Kûkai, dit Kôbô Daishi (774-835), qui, selon une légende, muni d'un pinceau dans chaque main, d'un pinceau entre ses dents et d'un autre à chaque pied, exécuta une oeuvre pour l'empereur!
Par la suite la pratique de la calligraphie se répandit parmi les lettrés de la cour impériale. Et, à partir du 10e siècle, au coeur de l'ère Heian (794-1185), les calligraphes japonais commencèrent à inventer des styles proprement japonais sur la base des canons de la calligraphie chinoise. En particulier, un style basé sur les kana (caractères japonais des syllabaires hiragana et katakana) fut créé...
De l'époque Kamakura (1185-1333) à l'ère moderne, 19e siècle, l'art de la calligraphie continua à se développer au Japon en suivant l'évolution de cet art en Chine...
De nos jours, l'art de la calligraphie est toujours en vogue au Japon. On le pratique à tout âge et il existe même de nombreux concours de calligraphie, notamment dans les écoles.
Pour pratiquer son art, le calligraphe utilise des pinceaux (fude) dont le corps est généralement en bambou et la pointe en laine ou en poil de blaireau.
L'encre est produite en frottant un bâton d'encre de chine (sumi: amalgame de noir de carbone, ou de suie, et de colle) dans le creux rempli d'eau d'une pierre à encre (suzuri). Et le papier approprié est le papier de riz japonais appelé hanshi.
En ce qui concerne le tracé des lettres, on distingue quatre styles de base en dehors du
tracé standard des idéogrammes chinois (kaisho: style carré):
tensho (le style le plus ancien, aujourd'hui utilisé pour le design des sceaux personnels)
reisho (une variante du style tensho élaborée par des religieux)
gyôsho (style semi-cursif: kaisho informel)
et sôsho (style cursif: forme abrégée du style reisho).
A ces différents styles d'origine chinoise il faut ajouter le style propre au tracé des caractères japonais (kana).
La pratique de la calligraphie japonaise n'a pas pour but le développement d'une belle écriture suivant une graphie standardisée des lettres comme en Occident. L'art de la calligraphie japonaise (Shodô) vise à donner vie aux idéogrammes d'origine chinoise et aux kana en leur conférant du caractère. Cette approche orientale de l'art calligraphique ne fait donc pas seulement appel à l'habileté manuelle mais aussi à la créativité individuelle.
La beauté d'une oeuvre calligraphique s'exprime dans la forme, la taille et la position relative des caractères tracés, le dégradé de l'encre, l'épaisseur des traits, et la force des coups du pinceau.